Commelles

COMMELLES ET LA CHAPELLE STE MAGDELEINE

LOCALISATION

Département de l’Aude- Ancienne Seigneurie et ancienne Communauté et Prieuré, réuni à Pradelles en Val en 1791.

Selon la carte géographique de la France dressée en 1835, le territoire de Commelles s’étendait sur le versant des collines opposées au revers méridional de la Montagne d’Alaric. Il était limité par la départementale D3 au nord, par la commune de Monze à l’Ouest, par le territoire de la commune de Pradelles en Val à l’Est, et au Sud, par les terres de Cadoual, ainsi que par le plateau de la Costolise rejoignant la route de Fajac en Val.

L’ancien domaine de Commelles est situé à l’altitude de 450 mètres et à un kilomètre de la départementale D3 traversant les villages de Pradelles en Val et de Monze dans la vallée, couramment appelée « Val de Dagne » anciennement « Val de Daigne » et parfois appelée dans les actes anciens « Vallée de la Bretonne » du nom de la rivière qui prend sa source à Villedeze, passe à Pradelles en Val et se jette dans l’Aude à Barbaira.

DU MOYEN-AGE A LA REVOLUTION FRANCAISE

Commelles a fait l’objet d’orthographes différentes dans les textes anciens (Comèles, Comellas, Comollis, Comelis) Les mentions « Villa Comellas » et « Villa de Comollis » traduisent, d’après l’Abbé Sabarthes l’appartenance à la période franque. Dans la toponymie générale de la France, le terme Comelles indique un lieu situé sur la pente d’une colline.

« Sous les Celtes ou les Gaulois, une route reliait l’Aquitaine au Roussillon. Les Wisigoths donnèrent une grande importance à Carcassonne. On peut penser qu’une des voies aquitaniques qui jusque là passait par des hauteurs presque inaccessiblse, s’infléchit et vint passer par Villedèse, Comèles, les Paillassés, Miramont et Floure. ( Monographie de Montlaur-En Val par Pierre Cabirol »)

Pendant le Moyen-Age, les seigneurs de Commelles ont dû rendre hommage à l’abbé de Lagrasse au moins jusqu’en 1693 et partager souvent avec lui  le droit de justice sur les habitants de Commelles.  Les liens de Commelles avec cette abbaye lui ont certainement réservé un sort plus favorable que celui subi par d’autres seigneuries voisines à l’occasion notamment de la croisade des albigeois et des luttes entre catholiques et protestants. (voir infra).

950 in Valle Equitania, villa Padellas vel alias Pradellas, vel de Comellas, La Grasse I-62

« Jerôme donne au monastère de La Grasse l’alleu qu’il possède en Val-de-Dagne, dans le terroir de Pradelles-en-Val et ses lieux-dits Pradelles et Commelles, pour la réfection des pauvres et l’entretien des luminaires. Il stipule qu’il en garde l’usufruit viager contre un versement annuel au monastère de 12 setiers de blé et de vin à titre de saisine »,

951 le 8 juin- Comellae, (arch. Aude,  H 23, page 221, vol.2)

951 - Villa Comellas,  ( ibid. H 24)

1110 Acte faux : Hommage et reconnaissance faite à Léon, abbé de Lagrasse par Bernard Aton vicomte de Carcassonne pour le lieu de Comelles. H38 Abbaye de Lagrasse.

1215, 24 août, à Carcassonne, au palais. La Grasse 2-102

« Tedise, évèque d’Agde, Isarn, archidiacre de Carcassonne, Guilhem Arnaud de Soupex et Pierre Martin de Castelnaudary règlent le litige opposant Guilhem, abbé de Lagrasse, à Simon de Montfort. Au comte est attribué la villam de Comellis »

1228, 16 juin à Perouse. La Grasse 2-127

« Grégoire IX, à la demande de l’abbé Benoit et de la communauté de Lagrasse, confirme les biens du monastère, à savoir – le lieu où est bâti le monastère et d’autres lieux dont Comelles.

1236 - Castrum de Comellis (arch.Aude, H8,f. 175) Le fait que le castrum de Commelles

soit mentionné après la croisade des albigeois tend à penser que le château n’a pas été rasé comme celui de Miramont ou de Montlaur par l’armée de Simon de Monfort. Il est encore fait mention du château de Commelles en 1336 (voir infra) et les ruines du château, des fortifications et du village sont mentionnés en 1785 (voir infra)

1242- Comèles, fief mouvant de l’Abbaye de Lagrasse, est évalué par le sénéchal de Carcassonne, six livres de revenu (Mahul, page 592)

1243 (n.st), 25 février, à Carcassonne, La Grasse 2-A14

« Guillaume des Ormes, sénéchal de Carcassonne, communique à Louis IX, comme il en a reçu l’ordre,  le nom et les revenus des fiefs mouvant du monastère de Lagrasse, dont ……..Comelles VI libre quas tenes Aleumes, prepositus Carcassone….. »

1247, juin à Melun, La Grasse, 2-A17

« Louis IX mande à J. de Granis, sénéchal de Carcassonne, de restituer à l’abbé de Lagrasse, en raison des services rendus pendant la guerre (des Albigeois) ce que le roi tient à Palairac, Milleret, Comelles, Boussac, Luc et Canos, en raison du faidîment de certains chevaliers qui tenaient ces biens en fief de l’abbé.

1249 (n.st), 5 avril, à Carcassonne, La Grasse, 2-A20Jean

« Jean de Cranis, sénéchal de Carcassonne, exécute le mandement du roi  Louis IX.

1269 Beati Andrea.. Ecclesia parrochialis de Pradellis et de Comellis, Ave Maria p. 73

1281 – Raymond de Bernard de Barbayran, et Béranger, son frère, reconnaissent tenir en fief honoraire de Monseigneur Auger et de son abbaye (de La Grasse) tout ce qu’ils possèdent au village et terroir de Comelles, et que les hautes justices dudit lieu, sont audit abbé, pour lequel fief ils promettent lui garder leur fidélité (Mahul, page 592)

1282- De Comollis = Comellis -arch. Aude, H7, f.28)

1282 – De Comollis=Comelis -XVe s (ibid. f.224)

1285 – Noble Guillaume de Castillon, seigneur de Comèles, avec Ponce de Castillon, son oncle, fait serment et hommage à l’Abbé de La Grasse, pour le seigneurie dudit lieu, qu’il confesse tenir du monastère de La Grasse, sous le sens annuel d’une livre de cire ; et en outre, que le monastère et le seigneur abbé, au nom d’icelui, ont toute haute justice de meurtre et rapt, sur le village, son territoire et appartenances (Mahul, page 592)

1328- Hommage à Guillaume, abbé de La Grasse, par Raymond de Castillon, pour la justice de Comelles (Mahul, ibid.)

1336- Pareage fait entre Nicolas, abbé, et le couvent du monastère de La Grasse, d’une part, et Raymond de Castillon, damoiseau de Comelles, touchant la juridiction haute et basse du château de Comelles et de ses dépendances (archives de la préfecture de l’Aude- (Mahul page 592).

1340 – Comellas est cité dans une lettre du Roi Philippe (VIème de Valois) par laquelle le roi amortit à perpétuité au Monastère de La Grasse, le lieu de Domnove avec d’autres lieux – (Mahul, page 573)

1345 - Hommage rendu à Pierre Guillaume, abbé de La Grasse, par Pierre de Montjan, pour une portion de la terre de Comelles. (Mahul, page 594)

1420 - Hommage presté à l’abbé de La Grasse, par Raymond Rouger, pour la moitié d’un fief à Comelles, par indivis avec Raymond de Castillon. (Mahul. Ibid.)

1432 – Hommage à Hugues, abbé de La Grasse, pour la terre de Comelles, par Multchienne, fille de Guillaume de Castillon. (Armes de Castillon : « D’azur à une tour ouverte d’argent, surmontée d’un croissant de même, et soutenue par deux lions rampans d’or »- (Mahul. Ibid).

1540- Gilles de Roger, seigneur de Comelles- (Mahul. page 595)

1597 Pierre de Labat, MAH.2 p.591-595

1599- Achat de Commeles, de Cadoual, et la vallée de la Monia (?) par Me Guillaume d’Aldebert, conseiller au sénéchal de Carcassonne- (Mahul, ibid.)

1604- Hommage au cardinal de Joyeuse, abbé de La Grasse, pour la terre de Comèles par Guillaume d’Aldebert – (Mahul.ibid.)

Il existe une généalogie imprimée (in 8° 8 pages) d’une famille Aldebert de Nimes, laquelle reconnaît les seigneurs de Pradelles et Comelles pour une branche éteinte au milieu du 18è siècle. (Mahul, page 590)

1693, le 12 mars- Arrêt de la Cour des Aides de Montpellier : La mouvance (État de dépendance d'un fief par rapport au domaine éminent dont il relevait) de l’ancien fief de Comelles dans la paroisse de Pradelles en Val a été adjugée et maintenue en faveur de l’abbé et religieux de l’abbaye de La Grasse.( Document trouvé dans le château de Pradelles en Val)

1782 – le 11 juillet -Messire Jean Marie de Farjonel, seigneur de Pradelles, Caudeval, Comelles et autres places, se disant patron et collateur de l’obit, dans l’église de Pradelles, en sa qualité d’acquéreur de la terre et seigneurie de Pradelles, instruit de la vacances dudit obit (par le décès de messire Paul d’Aldebert de Comelles) en fait titre en faveur de M. Jean Toussaint Astre, prêtre du diocèse de Toulouse….(Mahul. page 591)
Le 19 janvier 1793- Farjonel, ci-devant baron de Puicheric, domicilié à Toulouse possédant la métairie de Comelles dans la municipalité de Pradelles. Il n’y a que peu de jours qu’on a la certitude de l’émigration de Farjonel. Il est donc à ajouter au tableau imprimé par le département. (Renseignements fournis par la Direction du District de Lagrasse.- Archives Départementales)

1791 – L’administration départementale, chargée de refaire les divisions administratives ratachait Commelles avec Roquenegade, Villedèse et Cadoual à Pradelles en Val.

Le premier Maire de 1792 à 1796 est Jean Combes.

L’ ACTIVITE HUMAINE AU XVIIème, XVIIIème et début du IXème SIECLE

Il semble que le territoire de Commelles a toujours bénéficié de ressources en eau, notamment par le biais de l’importante source de la Bourdette qui a également alimenté en partie le village de Pradelles en Val jusqu’à la construction d’un forage en 1990 et par de nombreux puits creusés dans les jardins et les champs, les ruisseaux étant à sec en été, ce qui explique sans doute l’intérêt présenté par le site dans les temps anciens. La culture des champs a certainement permis d’alimenter un moulin à vent, visible sur la carte de Cassini datant de 1750 et habité par plusieurs générations de meuniers enregistrées dans les registres paroissiaux depuis 1693. Les ruines de ce moulin ont fait en 2015 l’objet d’une rénovation partielle, sujette à controverse. On trouve aussi dans les mêmes registres paroissiaux des métayers, des valets et des bergers témoignant de l’activité humaine sur le territoire de Commelles

LE MOULIN A VENT DE COMMELLES

Les exploitants du moulin enregistrés dans les registres paroissiaux depuis 1693 jusqu’à l’incendie du moulin en 1813 (voir infra)

1693/29/04: Bernard Cabaye et Jeanne Méric
1718/05/10 :  Jean Caunes et Jeanne Albouy

1720/29/06 :  Raymond Raigne et Françon Saurette
1727/31/01 : Etienne Rigaud
Avant 1764 ? : Jean Magnougat et ses enfants jusqu’en 1777/30/10
1783/5/01 : Jean Sarda  et ses enfants jusqu’à l’an V 24 ventose (1796-février-mars)
1787/02/09 : Benoit Roger et Marianne Savan

L’incendie du Moulin à vent

Dans la nuit du 22 au 23 février 1813, feu au moulin de Commelles. Le moulin appartient à Antoine Calvet, meunier et à Jean Cros, tailleur à Villemoutaussou.

Le tocsin ayant été sonné, les habitants de Pradelles se sont portés en foule pour donner secours au sieur Calvet, couché dans son lit et dans sa demeure éloignée de 4m du moulin. Calvet n’avait point encore pris connaissance du malheur qui le frappait.

Les mesures prises pour éteindre le feu se sont avérées inutiles. En moins de deux heures, tout a brûlé. Calvet a déclaré qu’il avait travaillé dans le moulin avec le charpentier Jean Gout jusqu’à 6 heures, la veille de l’incendie. Il ignore comment le feu a pu prendre. Il y avait dans le moulin 2 … avec des arnails neufs, une meule avec les outils nécessaires, 3 setiers et demi de seigle appartenant au berger de la Bourdasse et 1 setier et demi de farine de blé appartenant à un particulier de Monze. Perte due à l’incendie évaluée à 4.000 f.

PV adressé au préfet.

Le moulin de Pradelles était sur les terres du Seigneur de Commelles. Pas à la communauté. (Prieuré)

METAYERS – VALETS – BERGERS

1730 : Jean Bedos dit « Basbeaux »- pasteur de Comelles
1733 : Guillaume Lacube – métayer de Comelles depuis 4 ans
1733 : Antoine Gilbert – pasteur de Comelles
1736 : Paul Gilbert - pasteur de Comelles
1740 : Jacques Benazet – pasteur de Comelles
1740 : Antoine Pontet – métayer de Comelles
1743 : Blaise Bedos – métayer de Comelles
1762 : Jean Bedos – pasteur de Comelles
1764 : Pierre Briannes – métayer de Comelles
1767 : Jacques Briannes – métayer de Mr de Farjonel
1770 : Antoine Mas – métayer de Comelles
1772 : François Mas – métayer de Comelles
1777 : Jacques Germain – berger de Comelles
1778 : Antoine Arnaud – bouvier de Comelles
1780 : Jean Poursine – laboureur de Comelles :
1780 : le père de Jean Poursine est dit : maître- valet de Comelles
1781 : Jean ou Antoine Sentenac – valet de labour de Comelles
1784 : Laurent Cassagnol – berger à la métairie de Comelles
1784 : Gabriel Vidal – bouvier de Comelles
1790 : Laurent Cassagnol – berger de Comelles
1790 : Pierre Marsal – bouvier de Comelles
1794 : Jean Aussaguel – métayer de Comelles
An VI (1796) Jean Brousse – fermier à Comelles
1804 : François Garrigues – fermier de la métairie de Comelles
1899 : Jean Elie Maury/Maie Malacam de Comelles sans doute dits « Ramonets.

« Ceux-ci deviennent très nombreux au XXè siècle. Population très mobile. Peu se fixent longtemps : Bousquet, Beziat surtout Malhols et Testa. »

 

SAINTE MAGDELEINE DE COMMELLES – COMMUNAUTE ET PRIEURE

La chapelle Sainte Magdeleine de Commelles est édifiée à l’altitude de 450 mètres, au bord du chemin communal rejoignant la départementale D3 et à 1 kilomètre de celle-ci.

Dans un rapport, non daté, établi par Monsieur Charles Boyer, décédé en 1970 et conservé à la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude, il est mentionné :

Eglise bien conservée, orientée SE-NO – abside profondeur 3m20- longueur totale 11m45- largeur nef 5m70 – largeur abside 5m40- hauteur de la voute 6m environ.

Des anciennes fortifications signalées, il ne reste que des traces au midi de l’église en bordure d’un jardin. On signale dans les environs un chemin romain.

1641 Sainte Magdelayne, esglise et cimentiere, AD.11.17C2

1738 – 7 mars à Carcassonne , 7h du matin-  « M . Benoit Aussenac, prêtre et curé a été fait prieur de Sainte Madeleine de Comelles, paroisse de Pradelles en Val par Mgr. Bazin de Bezons par lettre du 4/02/1738, qui lui permet de prendre possession canonique du prieuré.

(dixit le notaire :)  Attendu que nous sommes de la qualité requise avons offert de nous transporter au principal manoir du dit prieuré, à l’effet de la dite prise de possession ; et étant monté à cheval avec le dit Me Aussenac, nous nous serions transporté à la métairie de Comelles, paroisse du dit Pradelles, accompagné des sieurs Hyacinthe Aussenac, marchand et Barthélémy Maugis, tous habitants de Carcassonne, pour être témoins de la dite prise de possession. Crainte de ne point trouver (rédaction obscure) comme le principal manoir du dit prieuré est un endroit champêtre où, étant arrivés, aurions mis pied à terre au devant de la dite métairie de Comelles. …

Aussenac demande d’être officiellement mis en possession du prieuré. Les participants vont alors à l’endroit le plus éminent des terres dépendant du prieuré. C’est là que se fait la cérémonie et non pas dans la chapelle. Le notaire lit la déclaration de prise de possession à haute et intelligible voix. (L’emploi du conditionnel, assez fréquent dans les actes notariés, a valeur de prétérite ou de passé composé)

Pas de participation du curé de Pradelles.. Ni des membres de la famille d’Aldebert, aucune assistance signalée : ni métayers ni meuniers.. Il faut croire que la porte de la chapelle était close car le cérémonial habituel n’est pas respecté. » (cf. la prise de possession de l’église de Montlaur par le curé de Pradelles. (   ADA 3 E 6165 Me François Cazes – Carcassonne)

1749- Résignation par Benoit Aussenac, en faveur de Pierre Aussenac, clec tonsuré, du diocèce de Bordeaux, du prieuré simple et séculier de Sainte-Magdeleine de Comèles, en vertu de la signature obtenue en Cour de Rome. Le titre est fait par le vicaire-général de l’évêque de Carcassonne. L’acte de prise de possession (12 septembre 1749) retenu par Me Rodier, notaire (Mahul, ibid.). Il n’est mentionné nulle part que ce nouvel acte de possession a subi les mêmes obstacles et mésaventures que celui de M. Benoit Aussenac.

1755 septembre 20 – Pierre-Jean- Charles Augier, clerc tonsuré du diocèse de Saintes, résidant à Bordeaux, prieur de Comelles.- Acte de prise de possession, Rodier, notaire (ibid)

1763, le 30 mai – Visite des décimaires de Carbonac et de Comeles.(f.279-280)
le 11 juin- Projet de consultation touchant le différend survenu entre le fermier du
chapitre et le fermier du prieuré de Comeles au sujet de la dime du champ de la
Croisète.(f.282-283)

 le 2 juillet – acte complémentaire fait au prieur de Comeles (f.287-287) (Arch. de l’Aude- série G - clergé séculier- pages 307 et 308)

1767 - Jacques François de Lubersac, aumonier de Madame Sophie (fille de Louis XV), prieur de Comèle -Acte de prise de possession du prieuré simple et séculier de Comelles et Caudeval (Cadoual)- Les revenus de ce prieuré sont affermés 500 livres.

1771, le 22 octobre – des droits d’égleisages (droits que les rentiers de rectories devaient payer en même temps que les rentes fixées dans les baux contractés avec les titulaires des bénéfices) payables en orge par les prieurs et curés de… Montlaur, Pradelles,  Commeilles, etc…sous la redevances annuelles de 205 livres et 2 paires de chapons.
((Arch. de l’Aude- série G - clergé séculier- pages 337)

 

1785 - Dans l’état du clergé du diocèce de Carcassonne le prieuré de Comelle est désigné sous l’invocation de Sainte Magdeleine, dépendant de la paroisse de Pradelles en Val. On y voir encore les ruines des fortifications, du château et du village. (Mémoire de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne).,

 

Extraits du rapport effectué par Monsieur Robert Christophe, ISC à la SDAP de l’Aude en date du 15 octobre 2012

« Cette chapelle semble liée à un fief seigneurial propre pendant tout le moyen-âge. Elle est rattachée à un prieuré au moins à partir du 18ème siècle…..

L’abside a été surélevée peut-être pour des raisons défensives et a par la suite servi de pigeonnier….

Note de la rédaction :« Après Charles Martel, Pépin le Bref chassa les sarrasins en 759. Mais Exam, roi des maures d’Espagne, apprenant que Charlemagne guerroyait en Saxe et ne pouvait pas revenir en France, envoya l’un de ses généraux Abdel-Mélech, avec une grande armée de sarrasins, pour ravager les Gaules. Arrivé s à Narbonne, ils brûlèrent les faubourg, firent captifs un grand nombre de chrétiens et emportant un immense butin, se dirigèrent vers Carcassonne pour lui faire subir le même sort. Mais alors vint au- devant d’eux le comte Guillaume (comte de Toulouse) avec d’autres comtes français qui leur livrèrent bataille dans le Val de Dagne. Gullaume voyant que ses alliés s’étaient enfuis, a abandonné le combat. Les sarrasins emportant de nombreuses dépouilles rentrèrent en Espagne. –(Chronique d’Aniane écrite au commencement du IXème sièces- Histoire Générale du Languedoc, Edition Privat t.II)

L’intérieur est complètement vouté, la nef avec un berceau brisé, recoupé par un arc doubleau intermédiaire, l’abside en cul de four.

Le nef est couverte en lauze de gres de bonne qualité et d’épaisseur importante ( 3 à 5 centimètres au jugé)…

La surélévation de l’abside est elle réalisée en petits moellons et même sans doute à la base d’anciennes lauzes…

.La porte d’entrée ancienne est murée. Elle était précédée d’un porche dont on distingue les traces de solin (toiture à bâtière perpendiculaire à la façade)….

L’édifice est remarquable. Cette chapelle présente les caractéristiques des constructions des 12ème ou 13ème siècle. Elle est très homogène, a conservé son mode de couverture original et se distingue par la surélevation de l’abside qui lui confère un caractère particulier.

Au vu de ses caractéristiques, cette chapelle pourrait être inscrite au titre des monuments historiques. »